Gustave Flaubert
Un cœur simple Genre de texte Contexte Texte témoin
Récit
Mme Aubain, qui est veuve, vient de voir mourir sa fille Virginie, qui était pensionnaire chez les Ursulines. Elle est désespérée.
Un cœur simple précédé des Mémoires d’un fou et de Novembre, Monaco, Éditions du Rocher, 1946, p. 155.
Elle veut cacher sa fille
Le désespoir de Mme Aubain fut illimité.
D’abord elle se révolta contre Dieu, le trouvant injuste de lui avoir pris sa fille, — elle qui n’avait jamais fait de mal, et dont la conscience était si pure! Mais non! Elle aurait dû l’emporter dans le Midi. D’autres docteurs l’auraient sauvée ! Elle s’accusait, voulait la rejoindre, criait en détresse au milieu de ses rêves. Un, surtout, l’obsédait. Son mari, costumé comme un matelot, revenait d’un long voyage, et lui disait en pleurant qu’il avait reçu l’ordre d’emmener Virginie. Alors, ils se concertaient pour découvrir une cachette quelque part.